Les mots donnent le pouvoir … ou pas!

Les mots, leur usage et leur maîtrise sont source de pouvoir.
C’est bien une des motivations qui anime les formateurs en alphabétisation : donner à leurs apprenants le pouvoir de comprendre et d’agir dans la société grâce à un meilleure maîtrise de la langue, écrite et orale.

Les exemples où les mots sont décisifs ne manquent pas…
Les procès, dans lesquels le plaidoyer des avocats est aussi décisif que les lois invoquées.
Les campagnes électorales, puisqu’on vote finalement sur base des discours des candidats.
Les médias, qui misent sur des gros titres accrocheurs pour faire basculer l’opinion publique.

Mais s’ils donnent le pouvoir à certains, les mots peuvent aussi être employés pour enlever du pouvoir à d’autres, et ce de manière subtile. Pas en limitant la liberté d’expression, mais plutôt en donnant l’illusion qu’il n’est pas possible, pas légitime, d’essayer d’exercer du pouvoir dans certains domaines. Dépréciation et fatalisme sont donc les armes lustrée par les mots pour désimpliquer le citoyen de la chose publique, du politique… pour réduire son rôle de citoyen à bien peu de choses en somme.

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Le Monde Diplomatique développe cette idée dans son article « La dépolitisation par le langage.Ces mots qui font accepter l’inacceptable ». Un article qui a plus de 10 ans, mais qui reste plus que jamais d’actualité.

Mots-masques ? Mots mystificateurs ? La dérive n’en finit pas du vocabulaire dévoyé qui, sous des apparences parfois intellectuelles, souvent techniques, décervelle et dépolitise les citoyens. Le phénomène n’est pas neuf : dans les années 60, la « pacification » cachait la « guerre » en Algérie. Mais il a pris, au cours de la dernière période, une ampleur à la mesure du pouvoir des publicitaires, de la hargne de la technocratie et de l’arrogance des élites politiques en mal de consensus.

La dépolitisation des citoyens dénoncée par l’article est d’ailleurs souvent considérée comme une bonne chose, le mot « politique » étant connoté très négativement. Pourtant à la base cela nous concerne tous puis qu’il s’agit de la « gestion de la cité », de la gestion des choses qui nous concernent tous. On s’est même battus pour avoir tous accès à ce droit.

Des candidats au baccalauréat, face à une analyse du sport comme « entreprise de dépolitisation », croient y lire un éloge au premier degré : vive le sport, qui fait oublier la politique, ses problèmes et ses magouilles ! Des étudiants n’arrivent pas à comprendre la différence entre la politique et le politique : eux-mêmes victimes du phénomène, ils ne sauraient voir en quoi les dérives de la politique ont fait perdre à leurs concitoyens la conscience du politique…

Apprendre à utiliser le langage

Une belle réaction à cet article que j’avais envie de partager, car elle fait écho au travail de formateur en alphabétisation (ou de toute personne travaillant dans le domaine de l’éducation … ou de toute personne, en fait). Merci Eric Cléda.

La polysémie du langage permet de rendre compte avec souplesse et finesse de la complexité du monde. En même temps, elle demande un minimum de maîtrise de la langue et un bagage culturel certain. Et ces besoins ne cessent de s’amplifier à l’heure où le volume et la diversité de nos échanges d’informations explosent.

Le caractère « performatif » du langage est réel : il n’est pas un simple véhicule d’idées rationnelles, il change le monde, amène des émotions, change notre état d’esprit, nous pousse à agir… Et c’est tant mieux aussi, grâce à lui on peut se faire du bien rien qu’en parlant.

Apprendre à gérer le flot d’informations, comprendre ce qui est communiqué, évaluer l’intention du communiquant, replacer ce qui est dit dans son contexte, comprendre pourquoi nous sommes séduits par une formule, accepter que ce ne soit pas pour de bonnes raisons et en tirer les conséquences…. Voilà de nombreuses compétences qu’il faut urgemment développer dans ce monde de fous.

Communiquer tantôt pour défendre nos idées, tantôt pour donner des informations et permettre à chacun de donner le meilleur de lui-même. Dans le premier cas, l’enjeu est la manière : cherchons nous à contrôler l’autre ou cherchons-nous à le convaincre en veillant à lui conserver la possibilité d’adhérer ou pas ?

(…)

Mais attention au procès d’intention qui parsèment subtilement tout le texte.
Convaincre n’est pas manipuler.
N’interdisons pas au meilleur d’advenir au travers du langage, sous prétexte que ce dernier peut véhiculer le pire.

Décryptez le langage

Et pour mettre ces réflexions en pratique, faites un petit exercice : prenez un article, un discours, et identifiez à quelle sorte de langage les mots appartiennent, de quel champ lexical ils relèvent, et ce qu’ils induisent comme idées…

L’article sur la dépolitisation par le langage fait référence au langage de la nature (c’est naturel, on ne peut donc rien y faire), au langage de la morale (nul n’oserait aller à l’encontre de belles valeurs morales) et au langage de la fonction (donnant une vision techniques du monde, sur lequel l’humain n’a pas de prise). Il présente également ces mots dont le sens a glissé, s’est modifié. Autant d’éléments auxquels être attentifs pour ne pas se laisser gagner par l’apathie et le défaitisme.

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L’orthographe m’a tuer

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Alice Romainville et Françoise Janssens interroge Jérôme Piron, co-auteur d’un spectacle, « La Convivialité », qui porte un regard critique, rafraichissant et… décomplexant sur cet outil « incongru » et peu performant qu’est l’orthographe du français. L’interview c’est ICI.

Voir également notre article sur ce spectacle : « Orthographe : une approche pop et iconoclaste« 

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Le Grand Bateleur, Dario Fo, est mort

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L’écrivain et acteur italien Dario Fo, décédé jeudi à l’âge de 90 ans, était l’un des auteurs italiens les plus novateurs et un homme de théâtre anticonformiste que l’obtention du Prix Nobel de littérature en 1997 n’avait pas assagi. Auteur de La mort accidentelle d’un anarchiste, La marijuana de maman est la meilleure, Couple libre ou Faut pas payer !, ce bateleur à la langue inventive appelait à la rébellion contre les puissants et les hypocrites.

Inspirée par la tradition de la commedia dell’arte, mais aussi par les expériences plus récentes de Vladimir Maïakovski et Bertold Brecht, son oeuvre s’est attaquée à tous les sujets politiques et sociaux de l’époque : la guerre du Vietnam, l’assassinat du président américain John Kennedy, la question palestinienne, le sida, l’amour libre, l’avortement, la mafia, la corruption…

Il formait un couple mythique avec Franca Rame, enfant de la balle épousée en 1954 et décédée en 2013 à l’âge de 83 ans, qui fut de toutes ses aventures théâtrales prolongées aujourd’hui par leur fils, Jacopo Fo. Avec elle, Dario Fo a lancé plusieurs compagnies dont le groupe la Commune dans les années 1970 qui a porté le théâtre dans les entreprises et les quartiers populaires.

Lire l’article complet sur Libération, cliquez

 

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Orthographe : une approche pop et iconoclaste

L’orthographe pour vous, c’est quoi ?

Un cauchemar ? Un combat ? Un défi ? Un jeu ?
Quelque chose d’absurde ? De désuet ? D’important?
Une marque de respect ? De sérieux ? D’oppression ?
Des règles pour permettre à tous de se comprendre ?
Ou des règles pour renforcer la différence entre les gens éduqués et les autres ?

Nous avions déjà évoqué l’orthographe lors d’une énième réforme, en partageant un article éclairant les enjeux de l’orthographe d’un point de vue historique : Notre orthographe si compliquée ? «C’est un choix politique» Par Marie Piquemal

Voici qu’une pièce encore à l’affiche jusqu’au 15 octobre au Théâtre national aborde le même sujet : La Convivialité.

C’est sous une forme décontractée que Arnaud Hoedt et Jérôme Piron prennent le contrepied d’un sujet confisqué et trop souvent abandonné à une pensée élitiste ou trop académique.

Ou dit en 2 mots par notre ancienne collègue Rosanna (merci pour le partage! :-)  ) :

…c’est drôle et ça fait réfléchir!

L’orthographe, un dogme qui s’ignore

Pour le côté drôle, nous vous invitons à voir la pièce, pour la réflexion, voici déjà de quoi agiter vos neurones :

La Convivialité ? Un fragment de soirée entre amis pour flinguer un dogme qui s’ignore. Car oui, l’orthographe est un dogme. Un dogme intime et lié à l’enfance. Un dogme public, qui détermine un rapport collectif à la culture et à la tradition. Outil technique qu’on déguise en objet de prestige, on va jusqu’à appeler ses absurdités des subtilités. Passion pour les uns, chemin de croix pour les autres, il est sacré pour tous. Et pourtant, il ne s’agit peut-être que d’un énorme malentendu.

L’intention de la démarche : permettre au public de s’autoriser un discours critique sur l’orthographe, de s’interroger sur ses enjeux démocratiques et sur la manière dont savoir et langage construisent la discrimination sociale.

L’orthographe est un outil. Mais quand un outil n’est plus au service de l’homme, et que c’est l’homme qui est au service de l’outil, est-ce toujours un bon outil ?

Qui remet en question le dogme orthographique ?

Critiquer l’orthographe, est-ce le propre des cancres dépassés par la complexité de notre belle langue française ?
Ou est-ce le fait de notre génération digitalisée qui a perdu le rapport aux écrits (les vrais, couchés avec application sur papier, et non ces sms et autres clavardages futiles) ?

Avant de répondre, un petit jeu : trouvez les auteurs et les dates de ces citations.
(Vous trouverez les réponses dans les liens présents dans cet article)

L’orthographe, divinité des sots.

L’orthographe est plus qu’une mauvaise habitude, c’est une vanité

Orthographe : Y croire comme aux mathématiques. N’est pas nécessaire quand on a du style.

L’orthographe de la plupart des livres français est ridicule. (…) l’habitude seule peut en supporter l’incongruité.

Je crains bien que nous ne nous débarrassions jamais de Dieu, puisque nous croyons encore à la grammaire

Pour un historien de la langue, les accidents de l’orthographe française sont explicables : chacun a sa raison, analogique, étymologique ou fonctionnelle ; mais l’ensemble de ces raisons est déraisonnable, et, lorsque cette déraison est imposée, par voie d’éducation, à tout un peuple, elle devient coupable. Ce n’est pas le caractère arbitraire de notre orthographe qui est choquant, c’est que cet arbitraire soit légal.

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Et vous trouvez ça normal ?

Vous avez déjà eu cette réaction face à certaines choses du quotidien : « Mais enfin, comment c’est possible? C’est complètement absurde! »

Si vous avez besoin d’une autre piqûre de rappel sur une série de choses bizarres de notre temps, voici un petit billet d’humeur drôle et percutant : « Et si le travail était le dernier nem resté sur la table à se partager alors qu’on pensait être dans restaurant avec un buffet à volonté ?« 

Que ce soient des mélis-mélos administratifs dignes de Kafka ou des mesures prises (ou pas) par les gouvernements, vous en restez paf! Vous vous indignez un peu, devant la TV ou sur les réseaux sociaux… Vous ressentez une certaine nausée face aux commentaires d’autres internautes, qui trouvent tout cela parfaitement normal … »M’enfin, comment peuvent-ils dire ça?! »

Et puis ?
Et puis vous retournez à votre vie…
Et puis un jour, peut-être, vous finirez vous aussi par trouver ça normal…
Horreur!

Que faire alors?

  1. Ne jamais « trouver ça normal ». Gardez votre esprit critique bien en éveil : plus vous le faites fonctionner, plus il fonctionnera bien.
  2. En parler … Même si vos idées sont différentes des autres, c’est la discussion et la confrontation de points de vues qui fait évoluer la pensée de tous les interlocuteurs, qui permet de dépasser les lieux communs sur lesquels tout le monde est d’accord. OK, c’est moins risqué d’en rester aux lieux communs, mais ça n’apporte pas grand chose de plus qu’une anesthésie (on ne ressent plus la douleur mais on continue de subir les effets de ce qui la cause).
  3. Unissons-nous pour faire entendre nos voix et agir. Nous ne sommes pas seuls! (C’est quoi encore la devise de la Belgique ? )

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Et justement, demain jeudi 29 septembre, c’est l’occasion d’aller tous ensemble dans les rues (Bruxelles, gare du Nord, 10h30 Info : FGTB CSCCGSLB )
Tous ensemble pour dire que « Non, on ne trouve pas ça normal, tout ce que ce gouvernement fait depuis 2 ans… à nos dépends! » Il y a 2 ans on était bien plus de 100.000 : combien seront nous demain ? Plus, maintenant qu’on voit les effets négatifs ? Ou moins, car on finit par trouver ça normal ?

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Que nous disent les chiffres?

Nous vous proposons un petit exercice de lecture critique de la presse, autour des chiffres.

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Ce mardi à Bruxelles, ce WE en Allemagne, des manifestations ont eu lieu contre le TTIP et le CETA, ces accords commerciaux transatlantiques de libre échange. On est habitué à la formule consacrée « 15 000 selon les organisateurs, 9 000 selon la police » (pour prendre le cas de la manif bruxelloise). Une manière bien commode de ne pas avoir à trancher entre les 2 versions. Cependant, une telle phrase est trop longue pour faire les gros titres dans les médias … et les gros titres, c’est ce qui est lu, qui marque et qui est retenu. Alors, quelle version va-t-on privilégier ?

Faites l’exercice : trouvez un gros titre pour décrire l’affluence à la manif STOP TTIP-CETA du 20/09 à Bruxelles. Et ensuite comparez avec ceux choisis par différents médias. Par exemple :

RTBF : « 9000 manifestants contre le TTIP et le CETA dans les rues de Bruxelles »

CNCD (un des organisateurs) : « Stop TTIP & CETA Day – 15 000 citoyens se mobilisent contre les traités transatlantiques »

Bon, là, il ne s’agit que d’un choix entre 2 chiffres … Mais on peut aussi arrondir ou donner des approximations assez larges … et même très larges! Par exemple pour décrire l’affluence des manifestations contre ces mêmes TTIP&CETA en Allemagne ce WE

Reuters (agence de presse) : « Des milliers d’Allemands manifestent contre TTIP et Ceta »

CNBC : « Hundreds of thousands take to streets in Germany against Obama-backed trade deal » (des centaines de milliers, donc)

Entre « des » milliers et « des centaines de » milliers, la différence est de taille. Même si mathématiquement parlant « des centaines de »= « des », l’image qu’on a de la foule enlisant ces deux titres est très différente. Même si les articles mentionnent tous deux ensuite qu’il y avait 320.000 manifestants en Allemagne, selon les organisateurs. 320.000, ça fait quand même 320 est quand même un gros chiffre pour en être réduit à un simple petit « des » milliers.

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Mais comme le dit Normand Baillargeon dans son « Petit cours d’autodéfense intellectuelle«  :

 » Il est toujours pertinent de se demander, devant des données chiffrées, qui les a produites, dans quel but et selon quelle méthode et quelle définition ».

Reuters est une agence de presse, mais Wikipédia nous apprend que cette activité historique « représente une petite partie de son chiffre d’affaires, majoritairement consacré à l’information financière. » Reuters lui-même se définit d’ailleurs comme « Business & Financial News, Breaking US & International News » On peut donc se douter des motivations de l’agence de presse de diminuer l’importance de l’opposition aux traités commerciaux transatlantiques de libre échange…

Et CNBC  alors ? C’est pourtant une chaine qui est également liée au commerce et à la finance (Consumer News and Business Channel). Une explication pourrait être qu’ils associent dans le même titre un nombre élevé d’opposants et Obama, président sortant démocrate. Or, le monde du business auquel il s’adressent aurait plutôt tendance à être de droite.

Comme quoi, les chiffres en eux-mêmes sont bien peu de choses … ce qui est important, c’est de voir le message que l’on veut faire passer à l’aide de ceux-ci.
Le problème, c’est qu’on aime les chiffres, parce que ça fait plus sérieux et fiable (pour que ce mythe s’effondre, lisez le chapitre 2 « Mathématiques : compter pour ne pas s’en laisser conter » du « Petit cours d’autodéfense intellectuelle« ).

En fait, pour l’opposition au TTIP & CETA, on pourrait simplement dire une chose qui apparaît quels que soient les chiffres exacts avancés : au fil du temps, le nombre de manifestants augmente. Et ça, c’est encourageant! Rejoignez le courant…

Question subsidiaire : Savez-vous comment on compte une foule ?

 

 

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Que sera notre monde dans 10 ans, avec ou sans TTIP & CETA?

Vivre chacun chez soi, chacun pour soi, et tous pour le profit de quelques uns.
Consommer du prêt à digérer, tout chaud livré.
Craindre les « autres », l’au-dehors, et les 1001 dangers de… de la vie, en fait.
Prendre des pilules pour se soigner des 1001 dangers, mais des autres dangers, ceux qui sont dans la nourriture, l’air, l’eau, la terre… qu’on continue de pourrir allègrement.
Avoir oublié comment c’était avant, avant le TTIP et le CETA et tous ces accord commerciaux qui ont réduit l’être humain à une composante économique…

C’est ça notre futur? https://www.youtube.com/watch?v=Plt5TXJiwAw

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Et si ce futur morose n’était pas inéluctable ?
Comment verriez-vous l’avenir sans TTIP ni CETA ?

A vos plumes … commentez cet article pour partager vos utopies plus ou moins réalistes et plus ou moins optimistes.

Des futures possibles dans lesquels cette statue pourrait être érigée : « A nos héros – Luttes STOP TTIP CETA & co 2013-2016 – Vos enfants reconnaissants  » (oui oui, victoire en 2016… soyons optimistes!)

 

 

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Est-ce qu’on peut vraiment arrêter ces accords monstrueux ? Essayons…
Dès demain, par exemple, en venant en masse à la manif contre le TTIP & CETA

Cela nous concerne TOUS ! Nos enfants seront reconnaissants…

Rendez-vous à 17h à Arts/Loi (Bruxelles)

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